En bref : une rénovation intérieure à Montréal se situe le plus souvent entre 24 000 $ et 35 000 $ selon les budgets déclarés par les propriétaires québécois à l’APCHQ, et l’industrie chiffre la rénovation résidentielle entre 100 $ et 300 $ le pied carré. Le permis municipal coûte 9,80 $ par tranche de 1 000 $ de travaux, avec un minimum de 167,40 $. Trois choses ont changé en 2026 : les coûts de construction résidentielle ont bondi de 8,4 % sur un an à Montréal, le programme Chauffez vert est mort le 31 mars, et RénoPlex a été bonifié.
Si tu as demandé une soumission de rénovation cette année et que le chiffre t’a fait sursauter, ce n’est pas ton imagination. Selon l’indice des prix de la construction de bâtiments publié par Statistique Canada le 24 juillet 2026, les coûts de construction résidentielle dans la région de Montréal ont grimpé de 8,4 % en un an. La moyenne des quinze grandes régions canadiennes : 2,3 %. Toronto est à 0,1 %. Calgary recule. Montréal et Québec ont affiché les deux plus fortes hausses trimestrielles au pays.
Voici ce que ça coûte vraiment de rénover à Montréal en 2026, ce que la Ville facture en permis, ce que tu peux récupérer en subventions, et surtout ce que la plupart des propriétaires découvrent trop tard.
Combien coûte une rénovation à Montréal en 2026, projet par projet ?
Première mise en garde, et elle est importante : aucune source officielle ne publie de grille de prix de rénovation. Ni la Régie du bâtiment, ni la Ville, ni Statistique Canada. Tous les chiffres au pied carré qui circulent viennent d’entrepreneurs ou de comparateurs de soumissions, qui ont un intérêt commercial dans le chiffre qu’ils avancent. Traite-les comme des ordres de grandeur, pas comme des tarifs.
La donnée la plus solide vient de l’enquête APCHQ publiée le 27 avril 2026, menée auprès de 1 500 propriétaires québécois. Elle mesure les budgets que les gens se donnent réellement.
| Type de projet | Budget moyen déclaré (APCHQ 2026) | Fourchette observée sur le marché |
|---|---|---|
| Rénovation intérieure | 24 000 $ | 15 000 $ à 60 000 $ |
| Rénovation extérieure | 18 000 $ | 10 000 $ à 45 000 $ |
| Agrandissement ou conversion | 68 000 $ | 100 000 $ à 300 000 $ pour un projet complet |
| Tous projets confondus | 32 000 $ | – |
| Cuisine complète | – | 25 000 $ à 35 000 $ pour la majorité des projets |
| Salle de bain complète | – | 20 000 $ à 35 000 $, 55 000 $ et plus si tu déplaces la plomberie |
| Finition de sous-sol | – | 70 $ à 100 $ le pied carré |
Note l’écart entre la colonne du milieu et celle de droite. Le budget moyen déclaré pour un agrandissement est de 68 000 $, alors que les entrepreneurs parlent de 100 000 $ à 300 000 $. Cet écart-là, c’est exactement l’endroit où les projets déraillent.
Combien coûte une rénovation au pied carré à Montréal ?
Le pied carré est l’unité que les entrepreneurs utilisent entre eux pour un premier cadrage. Voici les fourchettes citées par les entrepreneurs montréalais en 2026.
| Niveau d’intervention | Prix au pied carré | Ce que ça comprend |
|---|---|---|
| Rénovation légère | 100 $ à 150 $ | Planchers, moulures, peinture, finition. Aucune ouverture de mur. |
| Rénovation moyenne | 150 $ à 250 $ | Nouvelles divisions, mise à niveau partielle de la plomberie et de l’électricité. |
| Rénovation majeure | 250 $ à 300 $ | Redécoupage complet, plomberie et électricité refaites, matériaux haut de gamme. |
| Agrandissement | 250 $ à 450 $ | Fondations, structure, enveloppe, raccordements. |
| Finition de sous-sol | 70 $ à 100 $ | Divisions, isolation, finition. Excavation et drain non compris. |
Deux facteurs font monter la facture à Montréal spécifiquement. D’abord la manutention : rénover un troisième étage de plex sans ascenseur, dans une ruelle où le camion ne peut pas stationner, coûte plus cher au pied carré que le même projet en banlieue. Ensuite la main-d’oeuvre. Les entrepreneurs montréalais évaluent l’écart avec les régions à 10 ou 15 %.
Pourquoi ton entrepreneur facture-t-il 124 $ l’heure si l’ouvrier en gagne 48 ?
C’est la question qui empoisonne le plus de relations entre propriétaires et entrepreneurs, et elle a une réponse chiffrée. La Corporation des maîtres électriciens du Québec publie une grille de taux horaires de référence, en vigueur depuis le 26 avril 2026. C’est de l’électricité, mais la structure de coût est la même pour tous les corps de métier.
| Poste de coût | Résidentiel léger |
|---|---|
| Salaire du compagnon selon la convention collective | 47,85 $ |
| Avantages sociaux de la construction | 16,01 $ |
| Avantages sociaux gouvernementaux (RRQ, RQAP, AE, CNESST, FSS) | 7,55 $ |
| Cotisations fixes (RBQ, ACQ, CCQ) | 1,91 $ |
| Coût réel de la main-d’oeuvre | 73,32 $ |
| Véhicule de service | 14,21 $ |
| Équipements et outillage | 1,95 $ |
| Frais d’exploitation (25 %) | 22,37 $ |
| Profit (10 %) | 12,43 $ |
| Taux horaire de référence | 124,28 $ |
Le salaire versé au travailleur représente donc 38 % de ce que tu paies. Le reste, ce sont des charges obligatoires, le camion, les outils, l’administration et une marge de 10 %. La CMEQ précise que l’entrepreneur n’est pas lié par ces recommandations : c’est une référence, pas un tarif imposé. Mais si une soumission est très en dessous de cette structure, pose-toi des questions sur ce qui a été coupé.
À noter : les grilles officielles de la Commission de la construction du Québec pour les autres métiers sont inaccessibles depuis la cyberattaque détectée le 24 août 2026, qui a forcé la fermeture des systèmes de l’organisme. C’est pour ça que tu ne trouveras pas ici de taux horaire officiel de menuisier ou de peintre : la source primaire est hors ligne et nous ne publions pas de chiffre invérifiable.
Combien coûte un permis de rénovation à Montréal ?
Ici, au moins, le chiffre est officiel et simple. Selon la page officielle de la Ville de Montréal, mise à jour le 2 février 2026 :
- 9,80 $ par tranche de 1 000 $ de travaux
- Minimum 167,40 $ pour un immeuble exclusivement résidentiel
- Minimum 491,70 $ pour un immeuble commercial, industriel, institutionnel ou mixte
- L’estimation doit inclure les plans, les honoraires professionnels, la main-d’oeuvre et les équipements, taxes comprises
- Les frais ne sont pas remboursables
Concrètement : une cuisine à 40 000 $ taxes incluses te coûtera 392 $ de permis.
Quand as-tu besoin d’un permis ? Dès que les travaux touchent les fondations, modifient la structure, modifient un mur, porteur ou non, ou augmentent la surface de plancher. Tu n’en as pas besoin pour changer un revêtement de sol, repeindre, remplacer des armoires, un comptoir, un évier ou un bain.
Détail que beaucoup ignorent : la Ville ne délivre plus de permis pour la plomberie, l’électricité et le chauffage. Ça ne veut pas dire que c’est libre. La réglementation provinciale de la Régie du bâtiment s’applique intégralement. C’est un transfert de responsabilité, pas une dispense. Si tu es rendu là dans ton projet, nos guides sur ce que coûte un plombier à Montréal et sur le tarif d’un électricien montréalais détaillent ces deux postes.
Les délais varient d’un arrondissement à l’autre et la Ville ne publie pas de tableau comparatif. Communique avec le comptoir des permis de ton arrondissement avant de fixer une date de début avec ton entrepreneur.
Quelles subventions peuvent réduire ta facture en 2026 ?
Attention : le paysage a changé cette année, et beaucoup d’articles en ligne sont périmés.
| Programme | État au 26 août 2026 | Montants |
|---|---|---|
| Chauffez vert | TERMINÉ le 31 mars 2026 | Le formulaire n’existe plus. Près de 90 M$ versés à 64 000 ménages sur 14 ans. |
| Rénoclimat | Actif, bonifié le 1er octobre 2026 | Isolation des murs extérieurs 450 $ à 3 750 $, toit 50 $ à 1 500 $, sous-sol 250 $ à 2 500 $, fenêtres ENERGY STAR 150 $ chacune, étanchéité 400 $ à 800 $. Nouveau volet Adaptation : jusqu’à 35 000 $ en zone inondable. |
| LogisVert (Hydro-Québec) | Actif, bonifié le 15 juin 2026 | Thermopompe jusqu’à 6 700 $, géothermie 750 $ par 1 000 BTU/h, isolation de toiture 1 500 $, panneaux solaires 1 000 $ par kilowatt. Bonus de 5 % si tu combines plusieurs mesures. |
| RénoPlex (Ville de Montréal) | Actif, montants mis à jour le 18 août 2026 | Jusqu’à 26 000 $ pour une unifamiliale, 52 000 $ pour un 2 à 5 logements. Fissure de fondation 370 $ chacune, drain français 60 $ le mètre, entrée d’eau en plomb 1 600 $, panneau électrique 200 A et plus 1 300 $, fenêtre 410 $. |
| Réno Logement abordable | Actif | Immeubles de 6 logements et plus : 14 000 $ par logement, plafond de 500 000 $ par bâtiment. |
| Crédit multigénérationnel (fédéral) | Actif, taux révisé | 14,5 % des dépenses, maximum 7 250 $. Les sources qui annoncent encore 15 % et 7 500 $ sont périmées. |
La règle qui fait perdre le plus d’argent aux propriétaires : RénoPlex exige que la demande soit déposée avant le début des travaux. Un seul coup de marteau avant l’approbation et tu perds le droit à la subvention. Prévois trois à quatre mois pour la confirmation, puis tu as 18 mois pour réaliser les travaux. Rénoclimat fonctionne sur le même principe : l’évaluation énergétique doit précéder les travaux.
Peux-tu récupérer une partie de la TPS et de la TVQ ?
Des travaux de rénovation ordinaires sont taxables à 14,975 %, sans remboursement possible. Sur une facture de 40 000 $, ça fait environ 5 200 $ de taxes.
Il existe une exception, et elle est plus étroite que ce que la plupart des gens croient. Revenu Québec accorde un remboursement partiel pour des rénovations majeures : 36 % de la TPS payée jusqu’à 6 300 $, et 50 % de la TVQ payée jusqu’à 9 975 $. Deux conditions bloquent la majorité des demandes. La juste valeur marchande du terrain et de l’habitation doit être inférieure à 450 000 $ pour la TPS et à 300 000 $ pour la TVQ, ce qui exclut une bonne partie du parc montréalais. Et la définition fiscale de « rénovations majeures » exige essentiellement que la quasi-totalité de l’intérieur soit enlevée ou remplacée. Une cuisine et une salle de bain refaites ne qualifient pas.
Qu’est-ce qui n’est pas couvert quand tu rénoves ?
C’est le point le plus mal compris de toute la rénovation résidentielle au Québec, et il vaut la peine de le lire deux fois.
La Garantie de construction résidentielle ne couvre pas ta rénovation. Le plan de garantie obligatoire couvre exclusivement les bâtiments résidentiels entièrement neufs. Sont explicitement exclus : la transformation de bâtiments, la rénovation, l’agrandissement, la construction sur des fondations existantes et l’ajout d’un garage non adjacent. Si un entrepreneur laisse entendre que ton projet de rénovation est « couvert par la GCR », c’est faux.
En rénovation, ta protection tient à trois choses : la licence RBQ de l’entrepreneur et son cautionnement, un contrat écrit détaillé, et un échéancier. Dans un communiqué publié le 12 janvier 2026, la Régie du bâtiment insiste sur un point rarement exploité : le Registre des détenteurs de licence affiche le nombre de réclamations au cautionnement et les indemnités versées par un entrepreneur au cours des cinq dernières années. C’est de l’information gratuite, publique, et beaucoup plus révélatrice qu’une page d’avis Google.
Vérifie aussi que l’entrepreneur détient les bonnes sous-catégories, pas seulement une licence valide. Un entrepreneur qui exécute des travaux sans détenir la sous-catégorie appropriée s’expose à une amende de 7 051 $ à 35 244 $ s’il est un individu, et de 21 148 $ à 105 734 $ s’il s’agit d’une personne morale. Travailler carrément sans licence coûte de 14 098 $ à 105 734 $, et de 42 292 $ à 211 465 $ pour une entreprise. Ces montants sont indexés chaque 1er janvier.
Dernier détail de calendrier : au 26 août 2026, la RBQ traite les demandes de licence régulières reçues le 9 juillet. Sept semaines d’attente. Si ton entrepreneur te dit que sa licence « est en traitement », tu sais maintenant ce que ça veut dire concrètement.
À retenir : budgète entre 100 $ et 300 $ le pied carré selon la profondeur des travaux, ajoute 392 $ de permis pour un projet de 40 000 $, et dépose tes demandes de subvention avant de commencer. Vérifie la sous-catégorie de licence RBQ, pas seulement la licence, et consulte les réclamations au cautionnement dans le registre. Et ne compte pas sur la GCR : elle ne couvre pas la rénovation. Pour comparer des entrepreneurs établis, notre palmarès des entreprises de rénovation résidentielle à Montréal détaille licences, ancienneté et spécialités.
FAQ : le coût d’une rénovation à Montréal en 2026
Quelle contingence faut-il prévoir sur un budget de rénovation ?
Aucune association professionnelle québécoise ne publie de pourcentage officiel. Les chiffres qui circulent, entre 10 et 20 %, viennent de sites commerciaux. Ce qui est documenté, en revanche, c’est la source des dépassements : Statistique Canada attribue la pression sur les coûts en 2026 aux ouvrages métalliques, en hausse de 2,1 % en un trimestre, aux charpentes en acier, à 1,8 %, aux terrassements, à 1,5 %, ainsi qu’aux droits de douane entre le Canada et les États-Unis et au prix du carburant. Si ton projet touche l’acier, la structure ou l’excavation, c’est là que le risque se concentre.
Est-ce que rénover coûte plus cher à Montréal qu’ailleurs au Québec ?
Statistique Canada mesure une hausse de 8,4 % sur un an à Montréal et de 9,2 % à Québec, contre 2,3 % pour l’ensemble des quinze grandes régions canadiennes. Les deux villes québécoises mènent le pays. Sur le niveau de prix lui-même, les entrepreneurs montréalais évaluent leur écart avec les régions à 10 ou 15 %, principalement à cause de la rareté de la main-d’oeuvre et des contraintes de chantier en milieu dense.
Combien de soumissions faut-il demander ?
Trois, obtenues sur la base d’un devis identique. Une soumission n’est comparable à une autre que si les deux portent sur la même liste de travaux, les mêmes matériaux et le même échéancier. La règle qui protège le mieux, selon la RBQ, n’est pas le nombre de soumissions mais le contrat écrit détaillé : toute entente verbale doit être consignée.
Le marché de la rénovation ralentit-il en 2026 ?
Non, mais la confiance baisse. L’APCHQ prévoit une croissance de 8 % des dépenses en rénovation résidentielle en 2026, après un rebond de 30 % en 2025. En parallèle, l’indice de confiance des propriétaires est passé de 68 % à 57 % en un an, et les trois freins nommés sont tous économiques : budget insuffisant à 49 %, prix des matériaux à 27 %, incertitude économique à 26 %.
Faut-il refaire la toiture en même temps que l’intérieur ?
Si la toiture approche de sa fin de vie, oui : l’échafaudage, la disposition des débris et la mobilisation du chantier se paient une seule fois plutôt que deux. Et une infiltration après des travaux intérieurs neufs coûte le double, puisqu’il faut refaire la finition. Notre guide sur le prix d’une toiture à Montréal donne les fourchettes par matériau.





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